L'île Maurice

Découverte

L’île MAURICE (Moris en Kréol), autrefois l’Isle de France, Mauritius en anglais, est l’île principale de la République de Maurice.

En fait il faut parler des îles de Maurice car outre RODRIGUES, AGALEGA et SAINT BRANDON, les eaux territoriales sont immenses. C'est sans compter avec les conflits larvés de souveraineté, au cœur de problématiques géo-politico-économiques de l'archipel des CHAGOS vis-à-vis des États-Unis et de la Grande-Bretagne ou de TROMELIN avec la France.

Maurice est située dans le sud-ouest de l'océan Indien, au cœur de l’archipel des Mascareignes, (appelé aussi "les îles Vanille") entre La Réunion à l’ouest, et Rodrigues à l’est.

La capitale de la République de Maurice est Port-Louis, située dans le nord-ouest de l'île.

drapeau Maurice

Le drapeau mauricien est composé de quatre bandes horizontales, avec diverses interprétations, de haut en bas :

  • le rouge serait la couleur du sang versé par les esclaves au temps de la colonisation, ou celle des flamboyants et des couchers de soleil ;
  • le bleu : la couleur du ciel et de l'océan ;
  • le jaune : le soleil de l'unité et le rêve de purification, ou le sable des plages rêvées ;
  • le vert : la nature luxuriante, dont les champs de canne à sucre qui recouvrent l'île Maurice.

Population

La population s’élève à environ 1,3 million d'habitants et comporte plusieurs communautés.

La majorité des Mauriciens sont métissés avec des origines indiennes (66%) ou créoles (28%).

Il existe aussi une minorité de "blancs Mauriciens" (2%) descendants des premiers colons, et de Sino-Mauriciens (3% - ceux-ci sont arrivés de Taïwan à l'époque de Formose, et certains avec la Compagnie des Indes, comme le Capitaine Cook avait fait pour peupler Vancouver dans ses pérégrinations).

Maurice se définit comme la Nation « Arc-en-ciel » reflètant ces diversités

Culture

Religions

Quant à la religion à Maurice, elle est en majorité hindoue et tamoule (50% - ces derniers situent leur arrivée avec celle des Français), musulmane (20% - les mauriciens de confession musulmane sont soit d'origine indienne soit arabo-indienne), chrétienne (environ 15% - blancs, sino-Mauriciens et créoles) et le reste bouddhiste (2%).

Il n'y a pas de religion principale vu la diversité de la population.

Langues

On parle le créole mauricien, le français, et l'anglais :

  • le "kréol" est le socle inter communautaire des iliens, chaque ethnie y ajoutant son particularisme, mais la base est compréhensible par tous : « Moris nou zoli peï ». L’émergence du kréol se situe entre 1721 et 1769 ce qui explique qu’aujourd'hui il contient encore des mots d'origine sénégalaise provenant en réalité de la langue wolof. Ce kréol contient en outre de grandes quantités de mots malgaches et comoriens, car un grand nombre d'esclaves en provenaient.
  • le français est langue véhiculaire quasiment partout ;
  • l'anglais est réservé aux formalités, contrats, lois et politique.

Musiques

La musique/danse mauricienne principale est le séga et le séga ravanne (séga typique de l'ancien temps).
A noter que la Loi de finances 2017 a créé un Fonds National pour l’Art et un Village des Artistes à Rivière Noire. Alors que la protection de la propriété intellectuelle attend encore sa loi propre, la loi sur la protection des données a été cependant amendée, pour être en ligne avec la réglementation européenne, depuis mai 2018. De plus tout artiste local gagnant moins de 300 000 Roupies (MUR) peut automatiquement déduire 50% de frais, sans justificatifs.
Elle est inscrite depuis 2014 sur la "Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité" par l'Unesco.

Géographie

Carte Maurice

La formation de l'île remonte à 7 à 15 millions d'années. L'île est d'origine volcanique et, encore de nos jours, on peut observer les traces de la grande caldeira à l'origine de sa création.

C'est un immense cratère entouré de pitons, formant un vaste plateau fertile, avec quelques points hauts, plus récents, par endroits. Ainsi, différente de tous les pitons visibles à La Réunion, l'île ne compte pas non plus de volcan en activité.

On y trouve donc des cratères endormis dont le Trou-aux-Cerfs, qui est devenu au fil des ans une des attractions touristiques de Curepipe. Beaucoup de noms de villes sont aussi imagés : Fond-du-sac, Cap Malheureux, Baie du Tombeau, Trou-aux-biches, etc.

L'île Maurice couvre une superficie de 2 040 km². Elle mesure dans ses plus grandes dimensions 65 km de longueur et 45 km de largeur.

Le point le plus haut est le Piton de Petite Rivière Noire qui culmine à 828 mètres. Notons d'autres sites touristiques comme les Montagne du Lion ou du Pouce.

Malgré deux autoroutes, la circulation est dense et particulière. On y roule à gauche, et il faut s'adapter aux deux roues poussifs, aux cars omniprésents, aux vélos sans lumière et autres caractéristiques locales. Les embouteillages sont endémiques et les temps de destination s'en ressentent. Le tour de l'île prend donc une bonne journée, et il faut un certain temps pour pouvoir visiter tous ses points d'intérêt. La "Vie en Varangue" du nom d'un livre de référence sur l'art de vivre dans les belles maisons patriciennes, n'est pas un vain mot pour se remettre de ses pérégrinations, avant d'en tenter une autre.

La barrière de corail rend la pèche fructueuse, des deux côtés, et on y cultive sur terre tout ce qui pousse, des agrumes aux ananas, dont personne ne saurait passer un jour sans en consommer, épluchés. Notons le sucre dont un musée retrace l'Aventure, la route du Thé cultivé sur place, le développement du rhum, etc.

Les touristes profitent donc de randonnées variées, de golfs excellents et renommés, de tous sports dans ses lagons (avec les dauphins, et sans requins ...) et de belles plages bordées de cocotiers et de filaos.

Le patrimoine architectural est unique et un des axes du développement de CATERPAL SERVICES Ltée. Ses monuments sont donc aussi à privilégier, comme ses paysages et couchers de soleil.

Histoire

D'aucuns attribuent la première découverte de l'île Maurice aux Césars, lors de la première circumnavigation de l'Afrique vers l’an 600 av J.-C, telle que rapportée par Hérodote. Cependant il est vraisemblable que les Austronésiens aient découvert l'archipel des Mascareignes, même s'ils n'y ont pas laissé de trace, car des études récentes montrent qu'ils ont peuplé Madagascar entre 2000 et 1500 av J.-C. Le récit du capitaine persan Ibn Shahriyar renforce cette hypothèse, car il rapporte dans son "Livre des merveilles de l'Inde" qu’un marchand arabe vit arriver sur la côte du Mozambique, en 945, « un millier d’embarcations » montées par des Waq-Waq (Indonésiens actuels), venus y chercher des ressources et des esclaves. Les Arabes découvrirent aussi probablement l'île Maurice au Moyen Âge, à une date inconnue. Ils en connaissaient en tout cas l'existence, puisque le planisphère de l'Italien Cantino, produit en 1502, fait apparaître l'île Maurice sous le nom arabe de Dina Arobi.

Les portugais furent les premiers européens à visiter l'île, à une date comprise entre 1500 et 1513. Ils l'appelèrent Cirné, nom du navire du capitaine d'expédition Diégo Fernandes Pereira. En subsistent les noms de Rodrigues et de Diego Garcia, aux Chagos.

Cependant l'île demeura inhabitée jusqu'à l'arrivée des premiers colons hollandais, en 1598. Ils l’abandonnèrent ensuite, mais les restes de leur implantation sont toujours visibles à l'est de l'île.

Maurice fut ensuite conquise par les français à partir de 1715. Il est donc intéressant de noter qu'il n'y a jamais eu de population indigène à Maurice.

Vinrent ensuite les anglais qui l'occupèrent par la force avant que cette possession ne leur soit confirmée par le Traité de Paris, jusqu’à l’indépendance, en 1968.

En 1598, une escadrille hollandaise, sous les ordres de l'amiral Wybrand van Warwyck, aborda l'île qui fut renommée Mauritius en l'honneur de Maurice de Nassau, le Stathouder de Hollande. Le « Pieter Both » est le 2° sommet de l’île. Son nom est celui du Gouverneur général des Indes néerlandaises. La particularité de cette montagne est la formation rocheuse à son sommet qui rappelle la forme d'une silhouette humaine figée pour l’éternité dans l’envol de la cape qui l’entoure.

Les Hollandais ne purent pas vraiment coloniser l'île, car leurs esclaves amenés d'Afrique s’enfuirent dans les montagnes dès leur arrivée : ce furent les premiers esclaves « marrons » de Maurice. Classée patrimoine mondial par l’UNESCO depuis le 6 juillet 2008 sous le nom de « Paysage culturel du Morne », la montagne du Morne fut un sanctuaire pour les esclaves marrons et représente de nos jours un lieu de mémoire de la période coloniale de Maurice. Afin de rentabiliser leur nouvel établissement, les Hollandais développèrent vers 1641 le commerce des esclaves en provenance de Madagascar. Cependant, peu d'esclaves malgaches furent acheminés vers Maurice durant l'occupation hollandaise.

Tortue géante

Ensuite, un groupe de colons venus des établissements hollandais du Cap s'installèrent avec des esclaves d'origine africaine.

Toutefois, au lieu de faire fructifier leur nouvelle colonie, les Hollandais se contentèrent de piller la faune. Outre l'extinction en 1681 du célèbre dodo, ou dronte, emblème de l'île, appartenant à la famille des raphidés mais ne volant pas, ils décimèrent aussi les tortues géantes (pouvant être chevauchées par huit hommes ...).

Ils pillèrent de plus la flore, causant en particulier l'épuisement du bois d'ébène.

En revanche, les Hollandais introduisirent la canne à sucre et importèrent des cerfs de Java, sur l’île aux cerfs, mais, bon nageurs, depuis, ces derniers pullulent partout à présent (le cari de cerf est un plat de base local permanent et les "chassé" une marque distinctive des grands propriétaires de territoires cynégétiques). Les Hollandais quittèrent ainsi Maurice avec leurs esclaves en 1710 à la suite de graves sécheresses et de terribles ravages cycloniques.

Abandonnée par les Hollandais, et inhabitée, l'île Maurice devint une possession française en septembre 1715 lorsque Guillaume Dufresne d'Arsel l'aborda, en prit possession et la nomma « île de France ». A l'occasion du tri centenaire de cet évènement, il a été publié un livre mémoire. Il y est fait mention du siège social de CATERPAL SERVICES Ltée, maison typique de la capitale. Épuisé, ce livre fait l'objet d'une récente réédition, augmentée.

Les premiers colons français arrivèrent en 1721 et l'île fut administrée, de 1722 à 1767 par la Compagnie des Indes orientales créée en 1664.

Afin d'attirer des capitaux, il lui avait été accordé un monopole commercial dans l'océan Indien pour 50 ans et elle avait la souveraineté sur Madagascar ainsi que sur les îles voisines et les futurs territoires à conquérir. En 1725, les Français annexèrent l'île Rodrigues qui fut occupée en permanence à partir de 1735. Notons que l'île Bourbon (appelée aujourd'hui La Réunion) avait reçu ses premiers colons dès 1665. Dès le début de la colonisation française, à partir de 1721, quelques centaines d’esclaves en provenance du Sénégal et de la Guinée furent importés. En 1723, le « Code Noir » de 1685 fut adapté à l'usage des Mascareignes et les lettres patentes de Louis XV, en forme d'édit, furent enregistrées à La Réunion, dans la ville de Saint-Paul, le 18 septembre 1724, par le Conseil supérieur de Bourbon. Il favorisa, dès 1725, l'arrivée de milliers d'esclaves qui venaient en majorité de l'île de Madagascar et de l'Afrique orientale pour y cultiver le café et les plantes à épices. Cette main-d'œuvre abondante paraissait nécessaire pour permettre à la Compagnie des Indes de poursuivre l'expansion économique de l'Océan Indien. Toutefois ce n'est qu'à partir de 1735 que Maurice commença son véritable développement avec l'arrivée de son plus célèbre gouverneur : Bertrand-François Mahé de La Bourdonnais, nommé par la Compagnies des Indes ; il dirigea la colonie jusqu'en 1746.

Ruines de la poudrière Mahé de Labourdonnais

Mahé de Labourdonnais (maintenant orthographié en un seul mot) fit prospérer Maurice avec la fondation de plusieurs villes dont Port-Louis, la construction d'édifices administratifs, de magasins, d'entrepôts et de casernes militaires. L’explosion de la poudrière à Balaclava est le site des plus belles ruines de Maurice.

Il favorisa l'exploitation des forêts pour le bois d'œuvre (et des chantiers navals), la production de la canne de sucre ainsi que la culture du café ou de l'indigo. Port-Louis devint le chef-lieu des établissements français de toute la région. Pourtant, alors que l'île de France comptait 1 000 habitants, l'île Bourbon en comptait déjà 8 000 (dont 6 000 esclaves).

À la même époque Labourdonnais fit peupler l'île Rodrigues, avec comme mission le ramassage des tortues endémiques et leur chargement sur les bateaux de la Compagnie des Indes. Rodrigues connut un véritable peuplement à partir de 1760. Une garnison française y résida même en permanence et l'île comprenait alors des colons blancs et des esclaves. À contrario, en 1767, sous l'administration de l'intendant Pierre Poivre (1767-1772), on ne recensait plus à Rodrigues que 32 habitants : 4 français, 2 blancs créoles en provenance de l'île Bourbon, 16 Malabars libres et 10 esclaves. Le célèbre Patrick Poivre d’Arvor est issu de la même famille, comme Claire Chazal des Chazal du Mée établis à Maurice.

Grâce à Pierre Poivre, « Commissaire ordonnateur » et Intendant général des îles de France et de Bourbon, l'archipel des Mascareignes devint une colonie prospère, organisée et enviée par les Britanniques. Poivre introduisit en 1768 l'Imprimerie royale. Comme il était botaniste et membre de plusieurs Académies de sciences, il acclimata sur les îles de l'archipel quantité d'épices (dont, bien sûr, le poivre, mais aussi la girofle, la muscade, la cannelle, etc.) et des dizaines d'espèces végétales ; il a également favorisé la culture des arbres fruitiers et fut même l'auteur des premières lois sur la protection de la nature ; c'est à lui que les Mauriciens doivent le célèbre jardin de Pamplemousses, qui abrite des nénuphars géants et plus de 60 variétés de palmiers.

Dans le cimetière de cette ville, sont nombre de tombes de la famille de Gilles-Guy de SALINS, dont beaucoup eurent des fonctions officielles à Maurice avant l'indépendance.

La population augmenta à Maurice et atteignit 20 000 habitants en 1767, dont 15 000 esclaves. Le 27 juillet 1793, la Convention Nationale française proclama l'interdiction de la traite et, quelques mois plus tard, le 4 février 1794, celle de l'esclavage. Le décret prescrivait « l'abolition immédiate », mais ne prévoyait aucune disposition sur le dédommagement des « propriétaires » ou sur l'avenir des « populations libérées ». L'Assemblée coloniale de l'île de France se prononça donc contre, et réclama la suppression du décret, mais ils n'obtinrent qu'un sursis. Ils décidèrent alors de ne pas l'appliquer, et Napoléon Bonaparte les conforta en y maintenant l’esclavage malgré la promulgation de la loi du 20 mai 1802. Les intérêts économiques avaient ainsi eu raison des idéaux révolutionnaires de liberté et d'égalité. Toutes les réformes de la Révolution restèrent aussi lettre morte, y compris la Déclaration universelle des droits de l'homme et du citoyen de 1789.

En 1803, le général Decaen envoyé par Napoléon débarqua aux Mascareignes pour imposer le nouveau régime politique. En retour de balancier, Maurice fut alors dirigée à partir de La Réunion, devenue entre-temps l'île Bonaparte. Les rivalités franco-britanniques, déjà virulentes aux Antilles, se propagèrent dans l'Océan Indien. Comme cette colonie s'étendait sur une grande surface dans l'océan Indien, incluant les Mascareignes et les Seychelles, plus au nord, elle risquait de nuire considérablement au commerce anglais. De plus, pendant les guerres napoléoniennes, elles étaient devenues le rendez-vous des corsaires français qui organisaient des raids fructueux contre les navires commerciaux britanniques.

Cap Malheureux

En 1809, les troupes britanniques commencèrent par occuper l'île Rodrigues. Puis ils perdirent la bataille du Grand Port à Mahébourg qui fut la seule victoire navale de tout le 1er Empire.

Vexés, ils débarquèrent au Nord, avec 10 000 hommes en décembre 1810, au Cap dit depuis Malheureux, et dont l’église, peinte en rouge rappelle l’uniforme britannique de l’époque. Cette prise fut confirmée sans retour par les clauses du traité de Paris de 1814.

À la capitulation, la population s'élevait à 73 000 habitants et était constituée à 80% d'esclaves originaires, pour la plupart, des pays déjà cités et du Mozambique.

Après le traité de Paris, l'île de France reprit son nom précédent de Mauritius. Dans l'acte de capitulation de 1810, l'article 8 spécifiait que les colons pouvaient conserver « leurs religion, lois et coutumes ». Bien que le traité de Paris de 1814 ne reprît pas réellement cette formulation, le nouveau gouvernement anglais, dirigé par le gouverneur Sir Robert Farquhar, admit que l'usage de la langue française constituait l'une de ces « coutumes ». En fait, les Britanniques consentirent à ce que les habitants de Maurice et de Rodrigues continuent d'utiliser leur langue, leur religion, leur code civil, leurs traditions et leurs douanes, comme ils l’avaient déjà pratiqué au Québec. Peu nombreux et n'ayant pas l'intention d'habiter l'archipel, les anglais étaient prêts à faire des concessions. En revanche, les fonctionnaires français furent remplacés par des fonctionnaires anglais au sein de l'administration et toute l'économie se développa dorénavant dans le cadre de l'Empire britannique. A contrario, les franco-mauriciens, appuyés par le clergé catholique, opposèrent une résistance opiniâtre aux velléités gouvernementales de mainmise linguistique. Quant à leurs esclaves, ils furent maintenus dans leur infériorité sociale malgré les interventions du Révérend Jean Le Brun dès 1814 et surtout du Père Laval, à partir de 1841, de nos jours en cours de canonisation à Rome.

C’est à cette époque que se situe l’impression des fameux Red penny et surtout Blue penny (au sein du musée du même nom à Port-Louis), originaux émis par la poste mauricienne en 1847, timbres les plus rares du monde. Ils représentent le profil de la reine Victoria. Ils ont été achetés en 1993 en Suisse pour deux millions de dollars par un consortium d'entreprises mauriciennes ayant The Mauritius Commercial Bank à sa tête. Le pays retrouve donc après cent cinquante ans ses pièces rares. Cependant pour des motifs de conservation, le musée ne présente la plupart du temps que des copies car les originaux craignent la lumière. L’origine de la valeur de ces timbres vient d’une erreur typographique. Leur circulation, au départ, avait pour but d’adresser les invitations de la femme du Gouverneur anglais aux francophones de l’île, afin de se réunir pour une occasion festive d’unification nationale. Les rares timbres survivants de cette diffusion étaient en partie réunis dans les mains de Mme BORCHARD, dont le portrait est dans le musée, l’ancêtre directe de … Mme de SALINS.

En 1835 fut décrétée l'abolition de l'esclavage dans toutes les colonies britanniques. L'importation d'esclaves avait cessé depuis 1833 à Maurice alors que la population s'élevait à quelque 100 000 habitants dont plus de 80 000 esclaves. Devant les besoins de main-d'œuvre pour faire fonctionner les plantations sucrières, l'Administration anglaise décida de recourir à des travailleurs indiens rétribués à contrat ; c'est en 1829 qu'eurent lieu les premières tentatives d’immigration. Ils débarquèrent à l’Aapravasi Ghat, devenu le musée des travailleurs sous contrat ou «engagés». Lui aussi est un site classé patrimoine mondial par l'UNESCO depuis le 12 juillet 2006. En 1834, le gouvernement britannique choisit donc l’île de Maurice pour en faire le premier site de sa « grande expérience », l’utilisation de travailleurs libres plutôt qu’esclaves. Entre 1834 et 1920, près d’un demi-million de travailleurs sous contrat arriva d’Inde pour travailler dans les plantations sucrières de Maurice ou pour être transférés de là à l’île de la Réunion, en Australie, en Afrique australe et orientale, voire dans les Caraïbes. Ces bâtiments sont témoin de l’une des premières manifestations explicites de ce qui devait devenir par la suite un système économique mondial et l’une des plus grandes vagues migratrices de l’histoire.

Au début du XXe siècle, la population mauricienne atteignit donc les 371 000 habitants à majorité d'origine indienne. Toutefois dès 1870, l'île perdit sa position stratégique à l'occasion de l'ouverture du canal de Suez, et cet événement eut pour effet d'écarter Maurice de la route des Indes et d'aggraver la situation socio-économique. Jusqu'en 1903, Maurice et les Seychelles furent administrées comme une seule colonie par la Grande-Bretagne. Puis, l'île affirma de plus en plus son autonomie face à la couronne britannique. À partir des années trente, des mouvements populaires en faveur de la démocratisation commencèrent à se manifester et aboutirent graduellement au droit de suffrage universel et aux élections législatives de 1948.

Des mouvements nationalistes se formèrent et, à l'issue d'un référendum, l'île Maurice devint un État indépendant le 12 mars 1968 ; il fut doté d'un système parlementaire de type britannique, mais à une seule chambre.

Le 12 mars 2017 ont été célébrés les 25 ans de la République. A cette occasion la voiture reconstruite par Gilles-Guy de SALINS pour CATERPAL (Rover 90 P4 de 1957), accompagnée des autres membres du Club des anciennes, a été honorée d’une réception sur la pelouse du Château du Réduit, siège de la Présidence. Le 12 mars 2018, malgré une crise constitutionnelle sans précédent au niveau de la Présidence, les 50 ans de l’indépendance ont été très festivement et dignement fêtés.

Depuis son indépendance, Maurice est un pays souverain qui fait partie du Commonwealth britannique et, depuis le Ve Sommet d'octobre 1993, la république de Maurice fait également partie de la Francophonie.

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